le projet de loi de finances transmis au Sénat après le rejet de deux nouvelles motions de censure à l’Assemblée
Publié le 28/01/2026 00:14
Mis à jour le 28/01/2026 08:42
Temps de lecture : 2min
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Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, le 27 janvier 2026. (ERIC BERACASSAT / HANS LUCAS / AFP)
L’Assemblée nationale a de nouveau repoussé deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, mardi 27 janvier, permettant l’adoption en nouvelle lecture du budget de l’Etat pour 2026. La motion de censure commune des groupes insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultramarins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement. Celle du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a recueilli seulement 140 voix.
Les uns et les autres ont une nouvelle fois dénoncé sur le plan de la méthode le choix du Premier ministre de recourir à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, en rupture avec la promesse faite en octobre devant le Parlement d’y renoncer.
Sur le fond, l’oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l’écologie « au tout dernier rang », pointant notamment l' »effondrement » du budget alloué au fonds vert. Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy a critiqué un budget qui va alourdir les impôts « d’au moins 9 milliards d’euros », tout en creusant la dette. Comme c’était déjà le cas vendredi, le PS et LR ont refusé de s’associer à ces motions, au nom de la « stabilité » et de la nécessité de doter la France d’un budget.
Prenant la parole après tous les orateurs, le Premier ministre a répondu sur un ton particulièrement offensif. S’en prenant à tous ceux, à droite comme à gauche, qui « parlent d’un autre budget, mais sans jamais dire lequel », et font surgir des impôts ou des économies « imaginaires », l’ancien élu de la chambre haute n’a pas épargné la droite sénatoriale, qui se prétend « plus rigoureuse », mais in fine a voté « un budget à 5,3% de déficit ».
Le Sénat, qui examinera le texte jeudi, devrait le rejeter d’emblée, permettant son retour rapide à l’Assemblée pour une lecture définitive. Le Premier ministre pourrait ainsi engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, via un nouveau 49.3, s’exposant à deux dernières motions de censure, qui pourraient être rejetées le 2 ou le 3 février, fermant quatre mois de débats parlementaires sur le budget.
