« Nous sommes scandalisés face au silence et aux manquements de l’État », dénonce l’association IntoxAlim
« L’État ne fait rien pour aider les victimes », s’insurge Sabine Bernard, présidente de l’association IntoxAlim. Elle demande à ce que « Nestlé assume ses défaillances ».
Publié le 22/01/2026 13:21
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Préparation d’un biberon de lait infantile (photo d’illustration). (Jean-François FREY / MAXPPP)
« Nous sommes vraiment scandalisés face au silence et aux manquements de l’État. Il faut vraiment que Nestlé assume ses défaillances, s’en explique, qu’il arrête de dire qu’il n’y a pas de victimes », fustige jeudi 22 janvier sur franceinfo Sabine Bernard, présidente de l’association IntoxAlim, qui accompagne les victimes d’intoxications alimentaires et leurs proches. Depuis plusieurs semaines, Nestlé, puis Lactalis rappellent partout dans le monde, y compris en France, des boîtes de laits infantiles potentiellement contaminées à la bactérie « céréulide », susceptible de provoquer diarrhées et vomissements.
« Des dizaines » d’enfants sont concernés, selon les témoignages reçus par l’association IntoxAlim qui a mis en ligne un questionnaire pour recenser les potentielles victimes.
« Dans les témoignages que nous avons recueillis, certains bébés sont restés inconscients plusieurs heures, ils ont subi des examens lourds, traumatisants, cela fait très très peur. »
Sabine Bernard, présidente de l’association IntoxAlim
à franceinfo
Selon la cellule investigation de Radio France, les autorités avaient connaissance de la présence d’une toxine dans les laits Picot de Lactalis depuis au moins cinq jours, alors que le groupe agroalimentaire a annoncé mercredi le lancement d’un vaste rappel de lait infantile en France et dans de nombreux pays à travers le monde. « Nous demandons à ce que les services de l’État s’impliquent activement, on perd du temps dans ce dossier […] Il n’y a pas d’information, l’État ne fait rien pour aider les victimes », dénonce Sabine Bernard, ni pour « possiblement déclencher l’accès aux analyses complexes de la recherche de la céréulide, la toxine produite par la bactérie ». « Force est de constater que dans tous les laits rappelés par Nestlé et Lactalis, elle est présente », déplore-t-elle.
Toujours d’après les informations de la cellule investigation de Radio France, les laboratoires en France ne sont pas en capacité de tester et chercher la présence de cette toxine chez les enfants. IntoxAlim souligne qu’il n’est souvent pas possible de tester ces boîtes de lait, car lorsque les parents concernés appellent le service consommateurs, « on leur demande de jeter les boîtes de lait, ils disent : ‘On va vous rembourser, on va vous donner des bons d’achat’, c’est tout ce qu’ils donnent comme informations pour le moment et c’est assez inquiétant […] les parents demandent à être rassurés ».
En cas de doute, Sabine Bernard recommande aux parents de « garder la boîte [de lait, ndlr], les preuves d’achat et si possibles les selles des bébés, de les congeler au maximum pour qu’on puisse faire des analyses », conclut-elle.
